Quelques repères historiques . . .
Des fouilles entreprises sur la commune de
Saint-Germain-lès-Corbeil ont permis d’affirmer
l’existence d’un habitat sur le site de Gravois à partir
du premier siècle de notre ère. L’habitat gallo-romain
se serait fixé sur le lieu-dit la Butte à Gravois, à
la suite de l’abandon de l’habitat gaulois sans doute
situé au lieu-dit la Mare de la Viorne, en limite de Tigery. Quatre
autres sites gallo-romains ont été
révélés sur la partie Est de la commune aux lieux-dits
le Bois Labrune, le Bicheriot, la Croix de Villepècle et la
Pièce Bien Faite. ces fouilles ont révélé des
objets attestant des activités de production agricole
(témoignages du stockage de céréales), viticoles
(traces de pressoirs), et d’élevage.
Mention est faite du hameau de Tigery au sein du
comté de Corbeil dès le Xème siècle.
C'est en 1385 que la seigneurie de Tigery devint
directement associée à la vicomté de Corbeil : les
seigneurs de Villepescle et de Tigery, descendants de Gilles MALET, furent
élevés de fait et de droit à la dignité
héréditaire de Vicomte de Corbeil, tenant toute espèce
de justice sur le territoire de la châtellenie . . .
Au sein de la vicomté de Corbeil, Tigery
participait d'un riche domaine considéré comme l'un des
greniers d'abondance de Paris, aidé en cela par sa position
stratégique dans l'approvisionnement de la capitale
(proximité de la Seine). Le motif était suffisant pour que
Louis VI décidât de le rattacher au Royaume de France.

Fontaine (de Pélerinage ?) mise au jour sur le site de la pépinière
(à proximité du lavoir)
Toute médaille ayant un revers, Tigery fut
jusqu'au XVIIème siècle - à l'instar des hameaux briards
proches du château de Corbeil - le terrain de nombreuses guerres.
Pillages et incendies des villages furent les inévitables
conséquences de ces affrontements. Les Tigériens durent ainsi
affronter les jacqueries du XIVème
siècle, se trouvèrent impliqués dans la
Guerre de Cent Ans aux XIVème et XVème siècles, puis subirent la Fronde qui au XVIIème siècle
les contraignant à se réfugier dans l'enceinte du
château de Corbeil.
Au XVIIème siècle le hameau ne comptait que quelques
maisons. Il s'énonçait alors parmi les 33 villes et villages
briards dépendant de la châtellenie de Corbeil. Si
l'autorité royale exerçait bien sûr sa
compétence en première instance, il revenait au seigneur de
Tigery - puisqu'il était également Vicomte de Corbeil -
d'organiser la justice sur son fief. Il lui revenait le droit de
déléguer son pouvoir sur les arrière-fiefs
réunis aux termes du hameau.
|

Carte de Cassini (1750-1755)
|

Plan d'intendance de la fin du XVIIIème (archives départementales de l'Essonne)
|
Aux premières années
révolutionnaires, c'est en toute logique que le hameau,
dépendant alors pour partie de Saint-Germain dit du-Vieux-Corbeil et
pour partie d'Étiolles, fut rattaché au canton de Corbeil aux
côtés de 16 municipalités et paroisses. Il fallut
pourtant attendre 1793 pour que les quelque cent habitants du village
puissent désigner leur premier maire en la personne du Citoyen
Vergne. Ainsi, Tigery devint une commune de plein droit, et ne releva
désormais de la paroisse de Saint-Germain-lès-Corbeil que
pour l'exercice du culte.
Au cours du XIXème siècle, la commune s'enrichit d'une population
attirée par ces terres fertiles, aux confins de sites en cours
d'industrialisation : aux environs de 1850 la main-d'oeuvre belge (Flamands
et Wallons) remplaça dans les fermes les Tigériens. Beaucoup
de ces familles firent souche à Tigery, ainsi que des Polonais entre
1 925 et 1930, puis, après la deuxième guerre mondiale, des
Italiens et des Portugais.
Les structures et représentations
administratives durent s'étoffer en conséquence, et les
Tigériens purent à la naissance du XIXème siècle
élire dix délégués à l'administration
locale, bénéficier de l'emploi de trois employés
municipaux, d'un bureau de bienfaisance et d'une école communale. La
mairie-école ne fut bâtie qu'en 1840, mais depuis 1810 les
enfants pouvaient suivre un enseignement public.

Mairie-école de Tigerie au début du XXème siècle
(Collection R. Poincet)
En mars 1973, le gouvernement créait par
décret la Ville Nouvelle de Sénart dont le
périmètre englobait alors huit communes de Seine-et-Marne
(Combs-la-Ville, Lieusaint, Moissy-Cramayel, Savigny-le-Temple, Cesson,
Nandy, Réau, Ved-Saint-Denis) et sept communes de l'Essonne (Tigery,
Saint-Pierre du Perray, Soisy-sur-Seine, Etiolles,
Saint-Germain-lès-Corbeil, Saintry-sur-Seine, Morsang-sur-Seine),
rassemblées au sein d'un Syndicat Communautaire
d'Aménagement.
En 1983, seules deux communes de l'Essonne, Tigery et
Saint-Pierre du Perray, furent contraintes de rester en Ville Nouvelle.
Suite à cette modification du périmètre de
Sénart, deux Syndicats d'Agglommération Nouvelle (S.A.N.)
virent le jour en 1984 : le S.A.N. de Sénart Ville Nouvelle regroupe
les huit communes de Seine-et-Marne ; le S.A.N. de Sénart en Essonne
regroupe Tigery et Saint-Pierre du Perray.
Le 1er janvier 2003, dans le cadre de la loi de 1999
relative au renforcement et à la simplification de la
coopération intercommunale, deux communes du canton,
Saintry-sur-Seine et Morsang-sur-Seine, rejoignaient le S.A.N. de
Sénart en Essonne.